Imposition assurance vie succession : le guide fiscal 2026
Imposition assurance vie succession : abattement 152 500 €, prélèvements de 20 % et 31,25 %, règles après 70 ans. Guide fiscal 2026 avec tableaux et cas


L'imposition assurance vie succession repose sur une mécanique à deux vitesses : les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un cadre fiscal favorable avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tandis que celles versées après 70 ans sont en partie réintégrées dans la succession taxable. Contrairement à une idée répandue, le contrat d'assurance vie n'est pas totalement hors succession. Comprendre cette distinction est déterminant pour anticiper la transmission de son patrimoine et éviter des erreurs de rédaction qui peuvent coûter très cher aux bénéficiaires.
L'assurance vie échappe (en partie) à la succession : le principe fondamental
Les sommes versées par un contrat d'assurance vie à un bénéficiaire déterminé ne font pas partie de la succession du défunt. Ce principe, posé par le CGI et confirmé par le BOFiP (1er juillet 2016), constitue l'atout principal du contrat d'assurance vie en matière de transmission : le capital décès n'est pas soumis au barème classique des droits de succession.
Concrètement, l'assureur verse directement les fonds au bénéficiaire désigné, sans passer par la liquidation successorale. Le capital échappe aux règles du rapport et de la réduction pour atteinte à la réserve héréditaire dans la limite d'un versement non manifestement exagéré au regard des facultés du souscripteur.
Deux exceptions majeures font néanmoins basculer le capital dans la masse successorale : les primes versées après 70 ans, pour la fraction excédant 30 500 €, et une clause bénéficiaire qui désigne les héritiers sans les nommer ou qui accepte le bénéfice du contrat. Ces deux cas déclenchent l'application du barème successoral classique, potentiellement bien plus lourd que le prélèvement spécifique de l'assurance vie. En pratique, un contrat avec une clause bénéficiaire nominative et des versements majoritairement réalisés avant 70 ans maximise l'avantage fiscal successoral.
Ce que dit la loi : hors succession par principe
Le Code des assurances, à son article L132-12, pose une règle claire : les capitaux garantis à un bénéficiaire déterminé ne transitent pas par la succession. Depuis la célèbre jurisprudence de la Cour de cassation, le contrat d'assurance vie est considéré comme un acte à titre onéreux et non une libéralité, ce qui le fait échapper au rapport successoral.
Le BOFiP (2016) précise que les sommes payées en vertu d'un contrat d'assurance vie à un bénéficiaire déterminé ne font pas partie de la succession du défunt. Ce principe ne connaît qu'un tempérament : l'administration fiscale peut requalifier les primes manifestement exagérées eu égard aux facultés du souscripteur (article L132-13 du Code des assurances).
💡 À noter : cette protection ne fonctionne que si le bénéficiaire est nommément désigné. Une clause type « mes héritiers » ou « mes enfants » peut suffire, mais une formulation trop vague expose à un risque de réintégration dans la succession.
Les deux cas où le capital redevient taxable aux droits de succession
Premier cas : les primes versées après le 70e anniversaire du souscripteur. La fraction qui excède l'abattement global de 30 500 € (partagé entre tous les bénéficiaires) est soumise aux droits de succession selon le lien de parenté avec le défunt, et non au prélèvement spécifique de l'assurance vie.
Deuxième cas, plus insidieux : une clause bénéficiaire mal rédigée ou devenue caduque. Si le bénéficiaire désigné est décédé et qu'aucun bénéficiaire subsidiaire n'a été prévu, le capital réintègre la succession. Même conséquence si la clause désigne « mes héritiers » sans autre précision et que le contrat a été accepté : l'acceptation fait entrer le contrat dans le patrimoine du souscripteur, et le capital suit alors le sort de la succession. Pour approfondir ces mécanismes, consultez le barème complet des droits de succession sur assurance vie.
Pour des précisions sur ce régime, vous pouvez consulter notre article dédié à l' assurance vie après 70 ans : abattement 30 500 €.
Barème imposition assurance vie succession : avant 70 ans
Le régime applicable aux primes versées avant le 70e anniversaire du souscripteur est le plus favorable. Il repose sur un prélèvement forfaitaire spécifique, distinct des droits de succession. Chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement personnel de 152 500 € (impots.gouv.fr).
Au-delà de cet abattement, le capital transmis subit un prélèvement de 20 % sur la fraction comprise entre 152 500 € et 852 500 €, puis de 31,25 % au-delà de 852 500 €. Ce barème s'applique quel que soit le lien de parenté entre le défunt et le bénéficiaire : un enfant, un neveu ou un tiers sans lien de parenté bénéficient du même traitement fiscal pour cette fraction de capital.
Ce mécanisme est particulièrement avantageux pour les capitaux transmis à des bénéficiaires éloignés. Là où le barème successoral classique peut atteindre 60 % pour une personne sans lien de parenté (service-public.gouv.fr, 2026), l'assurance vie plafonne à 31,25 %. La désignation de plusieurs bénéficiaires permet même de démultiplier l'abattement de 152 500 €.
Abattement de 152 500 € par bénéficiaire : mode d'emploi
L'abattement de 152 500 € s'applique par bénéficiaire et porte sur la part de capital correspondant aux primes versées avant les 70 ans du souscripteur. Si un contrat désigne trois bénéficiaires à parts égales, chacun profite de son propre abattement de 152 500 €, soit une enveloppe exonérée de 457 500 € au total.
Peu importe la date de souscription du contrat. Ce qui compte, c'est la date à laquelle les primes ont été effectivement versées. Un contrat ouvert à 40 ans et alimenté régulièrement jusqu'à 75 ans verra ses primes ventilées entre le régime « avant 70 ans » (abattement de 152 500 €) et « après 70 ans » (abattement global de 30 500 €). L'assureur procède à cette ventilation lors du dénouement du contrat au décès.
⚠️ Attention : cet abattement s'applique à l'ensemble des contrats d'assurance vie souscrits par le même défunt au profit du même bénéficiaire. Il ne se multiplie pas par le nombre de contrats.
Tableau : taux d'imposition selon la part reçue (primes avant 70 ans)
Le tableau ci-dessous résume le prélèvement spécifique applicable à la part de capital transmise correspondant aux primes versées avant 70 ans, après application de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (source : impots.gouv.fr / cnp.fr) :
| Fraction du capital par bénéficiaire | Taux de prélèvement |
|---|---|
| De 0 € à 152 500 € | 0 % (abattement) |
| De 152 501 € à 852 500 € | 20 % |
| Au-delà de 852 500 € | 31,25 % |
Prenons un exemple : un bénéficiaire reçoit 500 000 €. L'abattement de 152 500 € est déduit, laissant 347 500 € imposables. Le prélèvement s'élève à 20 % × 347 500 €, soit 69 500 €. Le bénéficiaire perçoit donc 430 500 € nets de prélèvement.
Le rôle central de la clause bénéficiaire
La clause bénéficiaire est le pilier de l'optimisation successorale via l'assurance vie. C'est elle qui détermine à qui le capital sera versé et, indirectement, sous quel régime fiscal. Une clause bien rédigée permet notamment de désigner plusieurs bénéficiaires à parts inégales pour maximiser l'utilisation des abattements.
La clause standard proposée par les assureurs (« mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, à défaut mes héritiers ») couvre les situations familiales classiques. Elle présente toutefois une limite : en cas de divorce non suivi d'une mise à jour, l'ex-conjoint peut rester bénéficiaire. Une révision régulière de la clause bénéficiaire, idéalement à chaque événement familial majeur, évite ce type de déconvenue.
Pour les situations patrimoniales complexes (famille recomposée, transmission à un neveu, plusieurs contrats), le recours à un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine est recommandé. Pour plus de détails sur les abattements et la fiscalité applicable, consultez notre article sur les successions assurance vie : abattements et fiscalité 2026.
L'essentiel
- Les capitaux d'assurance vie versés à un bénéficiaire déterminé ne font pas partie de la succession du défunt (BOFiP, 2016).
- Pour les primes avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 €, puis 31,25 %.
- Pour les primes après 70 ans : abattement global de 30 500 €, le surplus est taxé au barème des droits de succession.
- Le conjoint survivant et le partenaire pacsé sont totalement exonérés, quel que soit le montant transmis.
- Une clause bénéficiaire mal rédigée peut faire perdre l'abattement de 152 500 € et déclencher une taxation jusqu'à 60 %.
Succession assurance vie après 70 ans : une fiscalité moins avantageuse
Les primes versées après le 70e anniversaire du souscripteur suivent un régime distinct, nettement moins favorable. Un abattement global de 30 500 € s'applique, tous bénéficiaires confondus (impots.gouv.fr). Une fois cet abattement consommé, le surplus réintègre la masse successorale et se trouve taxé au barème des droits de succession, selon le lien de parenté entre le défunt et chaque bénéficiaire.
Ce basculement est lourd de conséquences pour les bénéficiaires sans lien de parenté proche. Là où le prélèvement spécifique plafonne à 31,25 %, le barème successoral peut grimper jusqu'à 60 % entre personnes non parentes. Pour un neveu ou une nièce, l'abattement successoral n'est que de 7 967 € (service-public.gouv.fr, 2026), après quoi les taux grimpent rapidement. Ce contraste illustre la nécessité de concentrer les versements avant 70 ans lorsqu'on souhaite avantager des bénéficiaires éloignés. Pour le barème complet, voir notre article sur les droits de succession assurance vie : barème et plafonds 2026.
Tableau fiscalité assurance vie succession après 70 ans : barème 2026
Pour les primes versées après 70 ans, le surplus au-delà de l'abattement global de 30 500 € est soumis au barème des droits de succession en ligne directe (service-public.gouv.fr, 16 mars 2026) :
| Fraction taxable après abattement | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Pour les bénéficiaires sans lien de parenté avec le défunt, un abattement de seulement 1 594 € s'applique, puis un taux unique de 60 % sur l'intégralité du montant taxable (service-public.gouv.fr, 2026).
Cas pratique chiffré : deux bénéficiaires, 80 000 € versés après 70 ans
Prenons un cas concret. Un souscripteur décède à 78 ans. Il a versé 80 000 € de primes après son 70e anniversaire sur un unique contrat. Il a désigné ses deux enfants comme bénéficiaires à parts égales (40 000 € chacun).
L'abattement global de 30 500 € est réparti entre les deux bénéficiaires : 15 250 € chacun. La part taxable pour chaque enfant est donc de 40 000 € − 15 250 € = 24 750 €. Le barème successoral en ligne directe s'applique sur cette somme : 5 % sur les 8 072 premiers euros (403,60 €), 10 % sur la tranche 8 073 € à 12 109 € (403,60 €), 15 % sur la tranche 12 110 € à 15 932 € (573,45 €), et 20 % sur les 8 818 € restants (1 763,60 €).
Total des droits par enfant : 3 144,25 €. Chaque enfant perçoit donc 36 855,75 € nets, soit un taux effectif d'imposition de 7,86 %. Si ces mêmes primes avaient été versées avant 70 ans, aucun impôt n'aurait été dû grâce à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Les intérêts restent exonérés : le point souvent oublié
Un aspect méconnu du régime « après 70 ans » mérite d'être souligné : seules les primes sont concernées par la réintégration dans la succession. Les intérêts et plus-values générés par le contrat, quelle que soit la date des versements, restent totalement exonérés de droits de succession et de prélèvement spécifique.
Concrètement, si le souscripteur a versé 80 000 € après 70 ans et que le contrat a généré 20 000 € d'intérêts, l'assureur déclare 80 000 € de primes aux services fiscaux, et les 20 000 € d'intérêts sont transmis nets d'impôt. Le service-public.gouv.fr confirme que les intérêts perçus sont exonérés sous certaines conditions lorsqu'ils résultent de primes versées avant le 1er janvier d'une certaine date.
Cette règle atténue sensiblement la différence de traitement entre les versements avant et après 70 ans pour les contrats fortement valorisés. Dans notre cas pratique, si les 80 000 € de primes avaient produit 25 000 € d'intérêts, le gain total transmis serait de 105 000 €, mais seuls 49 500 € (80 000 € − 30 500 € d'abattement) seraient soumis au barème successoral.
Imposition assurance vie succession : les exonérations à connaître
Plusieurs situations permettent d'échapper totalement ou partiellement à l'imposition des capitaux d'assurance vie transmis au décès. La plus importante concerne le conjoint survivant et le partenaire pacsé, qui bénéficient d'une exonération totale, quel que soit le montant transmis et la date des versements.
Selon impots.gouv.fr, le conjoint survivant et le partenaire lié au défunt par un PACS sont exonérés du prélèvement spécifique, comme pour les droits de succession. Cette exonération s'applique aussi bien aux primes versées avant 70 ans qu'à celles versées après. En pratique, désigner son conjoint comme bénéficiaire unique permet une transmission en franchise totale d'impôt, sous réserve que le contrat ne contienne pas de primes manifestement exagérées. Pour anticiper les évolutions réglementaires récentes, lisez notre analyse sur l'assurance vie et succession : la nouvelle loi 2026.
Anticiper les réformes et comprendre les différents prélèvements est essentiel pour une stratégie patrimoniale efficace, notamment en ce qui concerne la fiscalité assurance vie 2026.
Conjoint et partenaire pacsé : exonération totale
L'exonération du conjoint survivant et du partenaire pacsé est intégrale et ne connaît aucun plafond. Peu importe que les primes aient été versées avant ou après 70 ans, que le montant s'élève à 50 000 € ou 3 millions d'euros : le prélèvement spécifique et les droits de succession sont neutralisés.
Cette règle est codifiée à l'article 796-0 bis du CGI. Elle couvre le conjoint marié non divorcé et le partenaire lié au défunt par un PACS au jour du décès. Le concubin, même notoire, n'en bénéficie pas : il est traité comme un tiers sans lien de parenté et subit le prélèvement de 60 % au-delà d'un abattement dérisoire de 1 594 € s'il est désigné bénéficiaire d'un contrat.
📌 Important : l'exonération étant acquise uniquement au conjoint et au partenaire pacsé survivants, il est prudent d'actualiser sa clause bénéficiaire après un divorce ou une rupture de PACS. Un ex-conjoint toujours désigné comme bénéficiaire reste exonéré, ce qui peut être contraire aux volontés du souscripteur.
Contrats et primes anciens : des règles dérogatoires
Les contrats souscrits avant le 20 novembre 1991 et les primes versées avant le 13 octobre 1998 bénéficient de règles fiscales spécifiques, souvent plus favorables. Pour les primes versées avant le 13 octobre 1998, l'exonération est totale quel que soit le bénéficiaire, sous réserve que le contrat ait été souscrit avant le 20 novembre 1991 et que la désignation du bénéficiaire soit antérieure à cette date.
Les intérêts générés par des primes versées avant le 27 septembre 2017 sont également exonérés d'impôt sur le revenu entre les mains du bénéficiaire, sous certaines conditions, selon service-public.gouv.fr. Ces régimes dérogatoires sont toutefois de portée limitée en pratique : la plupart des contrats dénoués aujourd'hui ont été alimentés bien après ces dates charnières. Pour les contrats récents, c'est bien le cadre général décrit plus haut qui s'applique.
L'erreur courante qui fait basculer l'assurance vie dans la succession taxable
La négligence la plus coûteuse en pratique : une clause bénéficiaire qui désigne « mes héritiers » sans autre précision. Si le contrat a été accepté par le souscripteur et par l'assureur, cette acceptation fait entrer le contrat dans le patrimoine du souscripteur. Conséquence directe : le capital décès suit le sort de la succession ordinaire et perd l'intégralité de ses avantages fiscaux. L'abattement de 152 500 € disparaît, le prélèvement spécifique est écarté, et le barème successoral classique s'applique.
Autre variante courante du piège : le bénéficiaire décédé sans clause subsidiaire. Si le contrat désigne « mon épouse » et que celle-ci est prédécédée, le capital réintègre la succession du souscripteur faute de bénéficiaire en rang suivant. Les enfants, qui auraient pu bénéficier de l'abattement de 152 500 € chacun, se retrouvent imposés au barème successoral sur la totalité du capital.
La clause bénéficiaire doit prévoir au moins deux rangs subsidiaires : « mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ». Cette formulation en cascade sécurise la transmission et préserve le régime fiscal favorable. Une révision tous les cinq ans, ou à chaque changement de situation familiale, constitue une précaution simple mais trop souvent négligée. Pour un panorama complet des abattements, consultez assurance vie fiscalité succession : abattements et taux.
Clause bénéficiaire mal rédigée : conséquences fiscales réelles
Le mécanisme de l'acceptation du contrat est le point de bascule. Un contrat non accepté reste hors succession, même avec une clause rédigée de façon générique. Mais une fois le contrat accepté (par avenant signé du souscripteur et de l'assureur), la clause « mes héritiers » devient un véritable poison fiscal.
Concrètement, l'acceptation transforme juridiquement le contrat : il passe du statut d'acte à titre onéreux à celui de stipulation pour autrui intégrée au patrimoine du souscripteur. La Cour de cassation a confirmé à plusieurs reprises que dans ce cas, le capital décès est soumis aux droits de succession et non au prélèvement spécifique.
⚠️ Attention : ne jamais accepter un contrat d'assurance vie dont la clause bénéficiaire n'est pas parfaitement claire et nominative. L'acceptation est irréversible et ses conséquences fiscales sont définitives.
Imposition assurance vie succession neveu : le cas le plus pénalisé
Désigner un neveu ou une nièce comme bénéficiaire d'un contrat illustre le contraste saisissant entre les deux régimes. Avec des primes versées avant 70 ans, un neveu bénéficie du même traitement qu'un enfant : abattement de 152 500 €, puis prélèvement de 20 % puis 31,25 %. Pour un capital de 300 000 €, il paierait 20 % × (300 000 € − 152 500 €) = 29 500 €.
En revanche, si le capital est réintégré dans la succession (clause mal rédigée ou primes après 70 ans excédant l'abattement global), le neveu est traité comme un tiers : abattement de seulement 7 967 €, puis barème applicable aux successions entre non-parents qui grimpe à 55 % puis 60 % (service-public.gouv.fr, 2026). Pour 300 000 €, l'impôt approcherait 170 000 €.
Une différence de près de 140 000 € d'impôt pour un même capital transmis à un même bénéficiaire. Cet écart dit l'importance stratégique de la rédaction de la clause bénéficiaire et de la chronologie des versements.
Optimiser la transmission : les bons réflexes patrimoniaux
Plusieurs leviers permettent d'optimiser la transmission d'un contrat d'assurance vie, sans jamais garantir un résultat fiscal. Le premier consiste à désigner plusieurs bénéficiaires pour démultiplier l'abattement de 152 500 €. Un couple avec trois enfants peut ainsi transmettre jusqu'à 457 500 € en franchise totale de prélèvement (3 × 152 500 €), contre 152 500 € avec un bénéficiaire unique.
Le second levier, souvent sous-estimé, est l'arbitrage temporel des versements. Concentrer les primes avant 70 ans maximise l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Après 70 ans, mieux vaut limiter les versements à 30 500 € au total, tous contrats confondus, ou privilégier d'autres enveloppes de transmission comme la donation-partage.
Du côté des évolutions législatives récentes, un amendement adopté en commission des finances le 20 octobre 2025 propose un dispositif de transmission anticipée jusqu'à 152 500 € avant le décès (Boursorama, 22 octobre 2025). Son issue législative n'est toutefois pas garantie à ce stade. Restez informé des évolutions en consultant la taxe assurance vie 2026 et ses abattements.
Démultiplier les abattements : désigner plusieurs bénéficiaires
L'abattement de 152 500 € étant personnel à chaque bénéficiaire, désigner plusieurs personnes permet de multiplier l'enveloppe exonérée. Un souscripteur peut par exemple répartir son contrat à parts égales entre ses trois enfants, ses quatre petits-enfants, ou un panachage des deux.
Cette stratégie fonctionne pleinement pour les primes versées avant 70 ans. Elle trouve ses limites pour les versements après 70 ans, où l'abattement de 30 500 € est global et non individualisable. Pour les gros contrats (plus de 500 000 €), la souscription de plusieurs contrats avec des bénéficiaires différents permet d'isoler les primes versées avant et après 70 ans, facilitant le travail de ventilation de l'assureur au décès.
💡 À noter : la clause bénéficiaire démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) constitue une option avancée à étudier avec un notaire. Elle permet de concilier protection du conjoint survivant et optimisation de la transmission aux enfants, sans taxation supplémentaire au décès du conjoint usufruitier.
Arbitrer les versements avant et après 70 ans
La frontière des 70 ans est une ligne de partage décisive pour la fiscalité successorale de l'assurance vie. Avant cet âge, chaque euro versé ouvre droit à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Après, chaque euro versé au-delà du seuil collectif de 30 500 € est taxé au barème successoral.
Un souscripteur de 68 ans qui dispose de 200 000 € à placer a tout intérêt à les verser immédiatement sur son contrat plutôt que d'échelonner. Une fois les 70 ans franchis, les nouveaux versements sont à calibrer prudemment : soit rester sous le plafond de 30 500 €, soit les affecter à un contrat distinct avec une clause bénéficiaire optimisée, soit envisager d'autres outils de transmission (donation, SCI, démembrement de parts sociales).
Le conseil en gestion de patrimoine trouve ici toute sa pertinence : ces arbitrages dépendent de la composition familiale, du montant des capitaux, de l'existence d'autres actifs successoraux et des objectifs de transmission de chaque souscripteur.
Sources
- impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- boursorama.com
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Questions courantes
Est-ce que l'héritage d'une assurance vie est imposable ?
Oui, mais selon un régime spécifique distinct des droits de succession classiques. Les capitaux transmis à un bénéficiaire déterminé sont soumis à un prélèvement forfaitaire après un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (20 % puis 31,25 %). Le conjoint survivant et le partenaire pacsé sont totalement exonérés.
Quel est le montant des frais de succession sur une assurance vie ?
Il n'y a pas de frais de succession à proprement parler sur l'assurance vie, mais un prélèvement spécifique. Pour les primes versées avant 70 ans, il est de 0 % jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 €, et 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, le surplus au-delà de 30 500 € est taxé au barème successoral classique (5 % à 60 % selon le lien de parenté).
Comment calculer l'imposition sur une assurance vie transmise suite à décès ?
Il faut d'abord ventiler les primes selon qu'elles ont été versées avant ou après les 70 ans du souscripteur. Pour les primes avant 70 ans : appliquer l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % sur la tranche suivante (jusqu'à 852 500 €), puis 31,25 % au-delà. Pour les primes après 70 ans : déduire l'abattement global de 30 500 € (partagé entre bénéficiaires), puis appliquer le barème des droits de succession selon le lien de parenté.
Quelle imposition pour les bénéficiaires d'une assurance vie ?
Le régime dépend du lien de parenté et de l'âge du souscripteur au moment des versements. Un enfant bénéficie de l'abattement de 152 500 € (primes avant 70 ans) ou est taxé au barème successoral ligne directe (primes après 70 ans). Un neveu ou une nièce bénéficie du même traitement pour les primes avant 70 ans, mais subit le barème des non-parents (jusqu'à 60 %) si le capital est réintégré dans la succession.
Analyses associées

Hexa Patrimoine Lyon : Family Office et CGP indépendant 2026
Hexa Patrimoine, cabinet CGP indépendant à Lyon : approche Family Office, missions, tarifs et ce qu'il faut vérifier avant de confier votre patrimoine en 2026.
Par Isabelle Marchand · 23 août 2026

Successions assurance vie 2026 : abattements, fiscalité
Successions assurance vie : comprendre la fiscalité, les abattements, le rôle du notaire et les erreurs qui font perdre l'exonération. Guide pratique 2026.
Par Isabelle Marchand · 22 juillet 2026
