Rachat assurance vie : calcul des gains, fiscalité et exemples chiffrés (2026)
Calculez vos gains imposables lors d'un rachat assurance vie : formule officielle, taux 2026 (7,5 % ou 12,8 %), abattements et cas pratiques étape par étape.


Pour calculer la plus-value imposable d'un rachat partiel d'assurance vie, appliquez la formule du BOFiP : P₁ = Montant racheté − [Total primes versées × (Montant racheté ÷ Valeur du contrat)]. La différence entre le montant racheté et P₁ constitue la plus-value taxable, soumise en 2026 au PFU de 12,8 % (contrat < 8 ans) ou 7,5 % (contrat > 8 ans, encours < 150 000 €), plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
Calculer le gain imposable d'un rachat d'assurance vie ne se résume pas à soustraire les primes versées du montant retiré. La formule officielle du BOFiP impose une règle de proratisation qui fractionne chaque rachat partiel entre capital et intérêts : et c'est cette ventilation qui détermine votre base taxable. Deux taux de PFU coexistent en 2026 : 12,8 % pour les contrats de moins de 8 ans et 7,5 % au-delà, sous réserve d'un encours inférieur à 150 000 €. Cet article détaille la formule, deux scénarios chiffrés complets et les leviers d'optimisation à votre disposition.
En bref
- La formule BOFiP de proratisation est obligatoire pour tout rachat partiel : seule une fraction du rachat correspond à des intérêts imposables.
- En 2026, le PFU est de 12,8 % sur les contrats de moins de 8 ans et de 7,5 % sur les contrats de plus de 8 ans dont l'encours net est inférieur à 150 000 €.
- Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s'applique sur les gains avant imposition.
- L'erreur classique consiste à considérer la totalité d'un rachat partiel comme imposable, au lieu d'en isoler la fraction d'intérêts via la formule de proratisation.
Ce que signifie vraiment « calculer un rachat assurance vie »
Un rachat d'assurance vie, qu'il soit partiel ou total, soulève toujours trois notions : la valeur de rachat, les primes versées et la plus-value imposable. La valeur de rachat est le montant que vous percevriez si vous clôturiez intégralement le contrat aujourd'hui. Elle figure sur le relevé annuel envoyé par l'assureur.
Les primes versées représentent la somme de tous vos versements depuis l'ouverture du contrat, nets des éventuels retraits antérieurs. C'est votre mise de départ.
La plus-value, elle, constitue la différence entre la valeur de rachat et le total des primes encore en compte. Seule cette plus-value est fiscalisée : jamais le capital que vous avez vous-même apporté. Un contrat valorisé à 80 000 € avec 60 000 € de primes versées contient donc 20 000 € de gains latents, potentiellement taxables lors d'un retrait.
Cette distinction capitale/plus-value est au cœur du calcul que nous détaillons dans cet article. Pour comprendre les bases du produit avant d'aborder la fiscalité, les différents types de contrats d'assurance vie méritent une lecture préalable.
Rachat total vs rachat partiel : deux calculs distincts
Le rachat total clôture définitivement le contrat. La plus-value imposable se calcule simplement : valeur de rachat − primes nettes versées. L'assureur prélève directement l'impôt (PFU ou prélèvement libératoire selon votre choix) et vous verse le solde net.
Le rachat partiel, lui, laisse le contrat ouvert. Vous retirez une fraction de l'épargne, et le contrat continue de produire des intérêts sur le solde restant. La difficulté : un retrait partiel puise à la fois dans le capital et dans les gains. L'administration fiscale impose donc une formule de ventilation : la règle de proratisation du BOFiP : pour isoler la part d'intérêts retirée. C'est cette part qui sera soumise à l'impôt.
Comprendre les nuances entre ces deux types de retraits est crucial pour optimiser sa stratégie, tout comme il est essentiel de maîtriser la fiscalité assurance vie 2026.
Pourquoi seuls les gains sont fiscalisés, pas le capital
Le principe est identique à celui d'un portefeuille-titres : vous n'êtes pas imposé sur le prix de revient de vos actions, mais sur la plus-value réalisée. En assurance vie, le législateur considère que le souscripteur récupère d'abord son capital avant de toucher des gains.
Concrètement, si vous avez versé 50 000 € sur un contrat qui en vaut aujourd'hui 70 000 €, et que vous retirez 10 000 €, seule une fraction de ces 10 000 € correspond à des intérêts. La formule de proratisation détermine cette fraction. Le solde : la part de capital : retourne dans votre poche net d'impôt. Ce mécanisme protège l'épargnant : l'impôt ne frappe jamais les sommes que vous avez vous-même épargnées. Pour approfondir le cadre général, consultez notre guide sur le fonctionnement et fiscalité de l'assurance vie.
La formule officielle de calcul de la plus-value (rachat partiel)
Le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP) fixe la formule unique pour calculer la part de plus-value contenue dans un rachat partiel. La voici :
📌 Important : P₁ = Montant du rachat − [Total des primes versées × (Montant du rachat ÷ Valeur du contrat)]
Cette formule s'applique à la date du rachat. Les trois variables sont :
- Montant du rachat (R) : la somme que vous demandez à retirer.
- Total des primes versées (P) : l'ensemble des versements nets effectués depuis l'origine du contrat, à la date du rachat. Si vous avez déjà effectué des rachats antérieurs, le montant des primes est réduit à due proportion.
- Valeur du contrat (V) : la valeur de rachat totale à la date du rachat, communiquée par l'assureur.
P₁ représente la part de capital comprise dans le rachat. La plus-value imposable s'obtient par différence : Plus-value = R − P₁. Cette plus-value est ensuite soumise au PFU ou au barème progressif de l'IR selon votre choix.
Un point trop souvent négligé : le total des primes (P) diminue après chaque rachat partiel, puisqu'une fraction du capital est définitivement sortie du contrat. Le calcul du rachat suivant devra utiliser ce nouveau total de primes résiduelles.
La formule étape par étape
Prenons un exemple pas à pas avec des valeurs simples. Contrat de 100 000 € de primes versées, valorisé 120 000 €. Vous souhaitez un rachat partiel de 20 000 €.
- Divisez le montant du rachat par la valeur du contrat : 20 000 ÷ 120 000 = 0,1667.
- Multipliez ce ratio par le total des primes : 100 000 × 0,1667 = 16 667 €.
- Cette somme de 16 667 € est la part de capital (P₁) contenue dans votre rachat.
- Soustrayez-la du montant racheté : 20 000 − 16 667 = 3 333 €.
Ces 3 333 € constituent votre plus-value imposable. Ce ne sont pas 20 000 € qui seront soumis à l'impôt, mais uniquement cette fraction d'intérêts. L'exemple provient du cas documenté par UPF Patrimoine et illustre le mécanisme de proratisation que nous détaillons plus bas.
Tableau récapitulatif des variables du calcul
Pour faciliter la reproduction du calcul, voici les variables synthétisées :
| Variable | Notation | Définition | Exemple |
|---|---|---|---|
| Montant du rachat | R | Somme demandée au retrait | 20 000 € |
| Total primes versées | P | Cumul net des versements | 100 000 € |
| Valeur du contrat | V | Valorisation à date du rachat | 120 000 € |
| Part de capital (formule) | P₁ | P × (R ÷ V) | 16 667 € |
| Plus-value imposable | PV | R − P₁ | 3 333 € |
Ce tableau peut être recopié dans un fichier Excel pour automatiser vos propres simulations. Les trois variables d'entrée (R, P, V) suffisent : les deux dernières colonnes se calculent automatiquement.
Cas pratique chiffré : simuler un rachat partiel avant et après 8 ans
Deux régimes fiscaux radicalement différents s'appliquent selon que le contrat a franchi ou non le cap des 8 ans. Nous construisons ici deux scénarios complets avec les mêmes données de départ : un contrat alimenté par 100 000 € de primes, valorisé 120 000 €, sur lequel le souscripteur (célibataire) effectue un rachat partiel de 20 000 €. La plus-value imposable calculée via la formule BOFiP est identique dans les deux cas : 3 333 €.
Ce qui change, c'est le taux d'imposition applicable à cette plus-value. Les deux scénarios sont présentés avec les taux en vigueur en 2026 (impots.gouv.fr). Pour le barème complet de la taxe assurance vie 2026, un article dédié détaille l'ensemble des taux.
Scénario A : rachat partiel sur un contrat de moins de 8 ans
Contrat souscrit il y a 5 ans. Encours total : 120 000 €, primes versées : 100 000 €. Rachat partiel : 20 000 €. Plus-value imposable calculée : 3 333 €.
Application du PFU au taux de 12,8 % (impots.gouv.fr, 2026) sur la plus-value :
- Impôt (PFU) : 3 333 € × 12,8 % = 427 €
- Prélèvements sociaux : 3 333 € × 17,2 % = 573 €
- Total fiscalité : 1 000 €
- Montant net perçu : 20 000 € − 1 000 € = 19 000 €
Dans ce scénario, près de 5 % du rachat brut part en fiscalité. L'option barème IR reste possible si le taux marginal du souscripteur est inférieur à 12,8 % : une hypothèse rare sauf pour les contribuables non imposables. Dans ce dernier cas, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % (573 €) seraient dus.
Scénario B : rachat partiel après 8 ans avec abattement
Même contrat, mais souscrit il y a 10 ans. Mêmes données : primes 100 000 €, valorisation 120 000 €, rachat de 20 000 €, plus-value imposable de 3 333 €. L'encours net de primes (100 000 €) est inférieur au seuil de 150 000 €.
Application du PFU au taux réduit de 7,5 % (impots.gouv.fr, 2026) :
- Abattement annuel personne seule : 4 600 € (economie.gouv.fr). La plus-value de 3 333 € est intégralement couverte.
- Impôt (PFU) après abattement : (3 333 − 4 600) < 0 → 0 €
- Prélèvements sociaux : 3 333 € × 17,2 % = 573 € (aucun abattement sur les PS)
- Total fiscalité : 573 €
- Montant net perçu : 20 000 € − 573 € = 19 427 €
L'abattement annuel absorbe la totalité de l'impôt sur le revenu. Le gain par rapport au scénario A est de 427 € d'impôt économisé. Le souscripteur pourrait retirer jusqu'à environ 27 600 € (générant une plus-value de 4 600 € après proratisation) sans payer d'impôt sur le revenu : seuls les PS resteraient dus.
Tableau comparatif des taux selon la durée de détention
Le tableau ci-dessous synthétise les taux applicables en 2026 selon la durée de détention et le niveau d'encours. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent dans tous les cas.
| Durée du contrat | Taux d'imposition (PFU) | Taux global avec PS | Condition |
|---|---|---|---|
| Moins de 4 ans | 12,8 % | 30,0 % | Aucune |
| Entre 4 et 8 ans | 12,8 % | 30,0 % | Aucune |
| Plus de 8 ans | 7,5 % | 24,7 % | Encours net < 150 000 € |
| Plus de 8 ans | 12,8 % | 30,0 % | Encours net ≥ 150 000 € |
Le taux de 12,8 % est uniforme avant 8 ans depuis l'entrée en vigueur du PFU. Les anciens taux de 35 % (moins de 4 ans) et 15 % (4 à 8 ans) ont été remplacés par cette flat tax unique de 12,8 %, en vigueur au 1er janvier 2026 (impots.gouv.fr).
Fiscalité du rachat assurance vie en 2026 : barème complet
En 2026, la fiscalité du rachat d'assurance vie repose sur deux piliers : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) et les prélèvements sociaux. Le PFU, aussi appelé flat tax, se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un taux global de 30,0 % pour un contrat de moins de 8 ans.
Pour les contrats de plus de 8 ans dont l'encours net de primes est inférieur à 150 000 €, le taux d'IR passe à 7,5 %, et le taux global descend à 24,7 % (7,5 % + 17,2 %).
Le souscripteur conserve la faculté d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu lors de sa déclaration annuelle. Cette option est irrévocable pour l'année considérée et s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers. Elle peut être intéressante pour les contribuables faiblement imposés. Dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus et ne sont pas optionnels.
Pour avoir une vue d'ensemble de l'imposition de ce placement, notre guide complet sur l'assurance vie et impôts pourra vous être utile.
Prélèvements sociaux : un poste souvent sous-estimé
Les prélèvements sociaux s'élèvent à 17,2 % (placement.meilleurtaux.com, 2026) et se décomposent ainsi : CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %). Contrairement à l'impôt sur le revenu, ils ne bénéficient d'aucun abattement, même après 8 ans de contrat.
Dans nos scénarios chiffrés, les PS représentent 573 € sur une plus-value de 3 333 € : soit plus que l'impôt lui-même après 8 ans lorsque l'abattement joue à plein. Beaucoup de souscripteurs se focalisent sur l'IR et oublient ce poste incompressible. En pratique, le taux facial de 7,5 % après 8 ans cache un prélèvement réel de 24,7 % sur les gains.
L'assureur prélève ces PS directement lors du rachat si vous avez opté pour le PFU. En cas d'option pour le barème IR, les PS sont également prélevés à la source, et la déclaration fiscale sert uniquement à régulariser la part IR.
Le seuil des 150 000 € : comment il s'applique concrètement
Le seuil de 150 000 € s'apprécie sur l'ensemble des contrats d'assurance vie détenus par un même souscripteur, tous assureurs confondus (impots.gouv.fr). Il correspond au montant total des primes nettes versées : pas à la valeur de rachat.
Un souscripteur ayant versé 140 000 € de primes nettes sur deux contrats valorisés 200 000 € reste sous le seuil et bénéficie du taux réduit de 7,5 % sur tous ses rachats. En revanche, 160 000 € de primes versées (même si la valeur de rachat est identique) le font basculer au taux de 12,8 % pour la fraction de plus-value correspondant à l'encours excédant 150 000 €.
Le calcul est proportionnel : si l'encours net est de 200 000 €, la fraction de la plus-value correspondant à 150 000 ÷ 200 000 = 75 % de l'encours est taxée à 7,5 %, le solde (25 %) à 12,8 %. Ce prorata d'encours se superpose à la proratisation capital/intérêts déjà décrite.
PFU ou barème IR : comment choisir à la déclaration
L'option pour le barème IR se manifeste sur la déclaration 2042, case 2OP. Elle est globale : vous ne pouvez pas opter pour le barème sur l'assurance vie et conserver le PFU sur vos dividendes.
Deux situations où le barème peut être préférable :
- Revenu fiscal nul ou très faible : un contribuable non imposable économise les 12,8 % (ou 7,5 %) du PFU et ne paie que les 17,2 % de PS.
- Taux marginal d'imposition bas : avec un TMI à 11 %, le barème devient compétitif face au PFU de 12,8 % pour les contrats de moins de 8 ans.
En pratique, le PFU reste l'option par défaut la plus simple et souvent la plus avantageuse pour les contrats de plus de 8 ans, car 7,5 % est inférieur au TMI de la plupart des contribuables. Le comparatif assurance vie et PER sur le plan fiscal peut éclairer une décision plus large d'arbitrage entre enveloppes.
Formule calcul fiscalité assurance vie : l'erreur courante à éviter
L'erreur la plus fréquente, rencontrée même chez des épargnants avertis, consiste à appliquer le taux d'imposition à l'intégralité du montant racheté plutôt qu'à la seule fraction d'intérêts. Un rachat partiel de 20 000 € sur un contrat contenant 16 667 € de capital et 3 333 € d'intérêts ne doit jamais être traité comme 20 000 € de gain.
Le réflexe « je retire 20 000, je paie l'impôt sur 20 000 » conduit à une surestimation massive de la fiscalité, ou pire, à une sous-estimation si le contribuable déclare un montant erroné.
Or, l'assureur transmet chaque année à l'administration fiscale le détail des rachats via l'IFU (Imprimé Fiscal Unique). Le fisc dispose donc du montant exact de la plus-value imposable calculée selon la formule BOFiP. Toute discordance entre votre déclaration et l'IFU déclenche une relance, potentiellement un redressement.
Le piège de la base taxable mal calculée
Reprenons les données du cas UPF Patrimoine (SERP) : primes 100 000 €, valorisation 120 000 €, rachat partiel 20 000 €. La part d'intérêts imposable calculée par la formule est 3 333 €.
Si le souscripteur déclare 20 000 € comme base taxable, il paiera l'impôt sur 20 000 € au lieu de 3 333 € : soit un trop-versé de plus de 400 € dans le cas d'un PFU à 7,5 %. L'administration ne rectifie pas spontanément une sur-déclaration.
À l'inverse, déclarer 0 € en pensant que le rachat est exonéré (confusion avec l'abattement fiscal) expose à un redressement, assorti d'une pénalité de 13,30 % au-delà des deux premiers mois de retard (service-public.gouv.fr, janvier 2026), sans compter les intérêts de retard.
Conséquence concrète : redressement ou mauvais arbitrage
Le redressement n'est pas le seul risque. Un calcul erroné peut aussi fausser une décision patrimoniale. Un souscripteur qui croit devoir 600 € d'impôt sur un rachat (calcul erroné sur la totalité) alors qu'il n'en doit que 100 € (calcul correct sur les seuls intérêts) pourrait renoncer à un retrait pourtant fiscalement acceptable.
À l'inverse, minimiser mentalement l'impôt en négligeant les prélèvements sociaux expose à une mauvaise surprise de trésorerie : les PS de 17,2 % s'appliquent même quand l'abattement annuel efface l'IR. Un simulateur de calcul de rente assurance vie peut aider à anticiper ces flux, mais ne remplace pas la maîtrise de la formule par vous-même.
Comment optimiser un rachat : timing, abattement et stratégie patrimoniale
Une fois la formule maîtrisée, plusieurs leviers permettent d'alléger la facture fiscale d'un rachat. Aucun n'est miraculeux, mais leur combinaison peut représenter plusieurs centaines d'euros d'économie par an.
L'abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) constitue le principal outil. Il se renouvelle chaque année civile. Un souscripteur qui fractionne un rachat important sur deux années civiles : par exemple 20 000 € en décembre puis 20 000 € en janvier : utilise deux fois l'abattement annuel, au lieu d'une seule s'il avait tout retiré en décembre.
Autre levier : l'antériorité du contrat. Passé le cap des 8 ans, le taux de PFU bascule de 12,8 % à 7,5 % pour les encours sous 150 000 €. Si votre contrat a 7 ans et 10 mois, attendre 2 mois peut réduire votre taux d'imposition de 5,3 points. La différence sur une plus-value de 10 000 € atteint 530 €.
Fractionner les rachats pour maximiser l'abattement annuel
Prenons un souscripteur célibataire dont le contrat de plus de 8 ans génère chaque année environ 7 000 € de plus-value. Un rachat unique absorbant 7 000 € d'intérêts dépasserait l'abattement de 4 600 €. Les 2 400 € excédentaires seraient taxés à 7,5 % (180 € d'IR) + 17,2 % de PS.
En fractionnant le rachat sur deux ans : 4 600 € d'intérêts retirés en année N, puis 2 400 € en année N+1 : l'abattement annuel couvre chaque fois l'intégralité des gains. Résultat : 180 € d'IR économisés. Les PS de 17,2 % restent dus sur les 7 000 € dans les deux cas.
La contrepartie : le capital reste investi plus longtemps, exposé aux fluctuations des marchés si le contrat est multisupport. L'arbitrage entre économie fiscale et risque de marché relève d'une décision personnelle.
L'avance sur police : une alternative au rachat partiel
L'avance sur police permet à l'assureur de vous prêter une somme gagée sur la valeur de rachat de votre contrat, sans déclencher de rachat. Aucune plus-value n'est constatée, donc aucune fiscalité immédiate. Vous remboursez l'avance avec intérêts (souvent autour de 1 à 3 % selon les contrats) et récupérez la pleine disposition de votre épargne.
L'avance convient pour un besoin de trésorerie temporaire. Elle préserve l'antériorité fiscale du contrat et évite de « consommer » l'abattement annuel pour un retrait qui aurait été rapidement reconstitué.
L'inconvénient : le contrat continue de produire des intérêts sur la valeur de rachat totale, mais l'avance porte elle-même intérêt. Si le taux de l'avance dépasse le rendement du fonds euros, l'opération est perdante. À vérifier contrat par contrat.
Rachat et succession : ce qu'il faut anticiper
Le rachat d'une assurance vie du vivant du souscripteur obéit aux règles de fiscalité des revenus décrites plus haut. Au décès, le régime bascule vers la fiscalité successorale spécifique de l'article 990 I du CGI : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, taux de 20 % jusqu'à 700 000 € puis 31,25 % au-delà.
La planification successorale via l'assurance vie est complexe et mérite une attention particulière, notamment avec les récentes évolutions concernant l'assurance vie et succession nouvelle loi 2026.
Un rachat massif en fin de vie peut donc modifier la nature fiscale des sommes : des intérêts soumis au PFU de 7,5 % deviennent, s'ils restent dans le contrat jusqu'au décès, des capitaux transmis aux bénéficiaires sous le régime des 152 500 € d'abattement. La fiscalité de l'assurance vie en cas de succession détaille l'ensemble de ces mécanismes.
Simulateur rachat assurance vie après 8 ans : comment l'utiliser et ses limites
Pour un usage ponctuel, les simulateurs gratuits en ligne (Boursorama, Placement.meilleurtaux.com, Optivest) donnent une estimation rapide. Mais leurs limites sont réelles : ils supposent souvent un contrat mono-support 100 % fonds euros, ignorent le seuil des 150 000 € d'encours, et n'intègrent pas l'historique des rachats antérieurs qui modifie le total de primes résiduelles.
Pour les situations complexes : contrats multisupports avec plusieurs compartiments (fonds euros + unités de compte), encours proche du seuil de 150 000 €, ou succession de rachats partiels : construire son propre tableau Excel reste la méthode la plus fiable. Elle oblige à comprendre chaque variable et évite les surprises au moment de la déclaration.
Un conseiller en gestion de patrimoine pourra consolider l'ensemble des contrats détenus et produire une simulation exacte, intégrant l'impact croisé des différents seuils. Cette démarche est recommandée lorsque l'encours total approche 150 000 € ou qu'un rachat important est envisagé.
Construire votre tableau de calcul sous Excel
Construire son propre tableau de simulation sous Excel prend dix minutes et vous rend autonome. Voici les colonnes suggérées :
- A : Date du rachat
- B : Montant brut du rachat demandé (R)
- C : Total des primes nettes résiduelles à date (P)
- D : Valeur de rachat totale du contrat (V)
- E : Part de capital = C × (B ÷ D) : formule BOFiP
- F : Plus-value imposable = B − E
- G : Abattement applicable (4 600 € ou 9 200 €, ou 0 si < 8 ans)
- H : Base taxable après abattement = max(0, F − G)
- I : Taux PFU applicable (12,8 % ou 7,5 % selon durée et encours)
- J : Impôt IR = H × I
- K : Prélèvements sociaux = F × 17,2 %
- L : Fiscalité totale = J + K
- M : Net perçu = B − L
Après chaque rachat, pensez à réduire la colonne C du montant de la colonne E (le capital sorti), et la colonne D du montant B (la valeur sortie). C'est le chaînage des rachats partiels successifs.
Limites des simulateurs en ligne gratuits
Les simulateurs gratuits présentent trois limites principales :
- Historique de rachats ignoré : ils calculent comme s'il s'agissait du premier rachat. Or chaque rachat antérieur a réduit le capital résiduel (P) et donc modifié le ratio de proratisation pour les rachats suivants.
- Multisupport simplifié : un contrat en unités de compte voit sa valeur de rachat fluctuer quotidiennement. Les simulateurs utilisent souvent une valeur figée, ce qui peut fausser le calcul si le rachat intervient après une forte variation.
- Seuil des 150 000 € non intégré : la plupart ignorent le mécanisme de prorata d'encours lorsque celui-ci dépasse 150 000 €.
Pour un rachat isolé sur un contrat simple, ces outils donnent une approximation acceptable. Pour une stratégie de retraits réguliers ou un contrat âgé avec un historique complexe, le tableau Excel personnel ou l'accompagnement par un professionnel reste préférable.
Fiche pratique
| Taux PFU contrats de moins de 8 ans (2026) | 12,8 % + 17,2 % de PS = 30 % (impots.gouv.fr, economie.gouv.fr) |
| Taux PFU contrats de plus de 8 ans, encours < 150 000 € | 7,5 % + 17,2 % de PS = 24,7 % (impots.gouv.fr) |
| Abattement annuel après 8 ans | 4 600 € (personne seule) / 9 200 € (couple marié ou pacsé) (economie.gouv.fr) |
| Seuil d'encours pour bénéficier du taux réduit de 7,5 % | 150 000 € nets de primes, tous contrats confondus (impots.gouv.fr) |
| Formule de calcul de la plus-value (rachat partiel) | P₁ = Montant racheté − [Total primes × (Montant racheté ÷ Valeur contrat)] (BOFiP) |
| Taux de pénalité de retard déclaration | 13,30 % au-delà des 2 premiers mois de retard (service-public.gouv.fr, janv. 2026) |
| Contact officiel | impots.gouv.fr : Déclaration n°2042, ligne 2DH ou 2EE selon option fiscale |
Sources
- bofip.impots.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- boursorama.com
- boursorama.com
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Questions courantes
Comment calculer la valeur de rachat d'une assurance vie ?
La valeur de rachat correspond au montant que vous percevriez en cas de retrait total de votre contrat à une date donnée. Elle se compose du total des primes versées augmenté des intérêts et plus-values générés, diminué des frais de gestion éventuels. L'assureur vous la communique chaque année sur votre relevé de situation.
Comment calculer le montant que je peux retirer de mon assurance vie sans payer d'impôts ?
Après 8 ans de contrat, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) s'applique sur les gains imposables. Si vos intérêts taxables annuels restent sous ce seuil, vous ne payez aucun impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Le fractionnement des rachats sur plusieurs années permet d'optimiser cet abattement.
Quels sont les frais en cas de rachat d'une assurance vie ?
Les frais de rachat varient selon le contrat : de 0 % (nombreux contrats en ligne comme Linxea ou Boursorama Vie) à 2-3 % maximum dans les anciens contrats. La loi impose un plafond légal de 5 % des sommes rachetées. Consultez les conditions générales de votre contrat ou demandez un relevé de valeur de rachat à votre assureur pour connaître le taux exact appliqué.
Calcul rachat assurance vie après 8 ans ?
Après 8 ans, deux régimes coexistent : jusqu'à 150 000 € d'encours net de primes, le PFU s'applique à 7,5 % (soit 24,7 % avec les prélèvements sociaux de 17,2 %). Au-delà, le taux passe à 12,8 % (soit 30 % avec PS). L'abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) s'applique avant imposition. La formule de proratisation reste identique pour isoler la part d'intérêts du rachat partiel.
Analyses associées

Clôturer une assurance vie : étapes, fiscalité et erreurs
Comment clôturer une assurance vie sans mauvaise surprise ? Rachat total, fiscalité selon l'ancienneté, délais légaux et pièges à éviter : le guide pratique
Par Isabelle Marchand · 4 août 2026

Rachat partiel assurance vie : fiscalité, calcul et délais
Rachat partiel assurance vie : taux d'imposition selon l'ancienneté du contrat, formule de calcul des plus-values, délais légaux et cas pratique chiffré.
Par Isabelle Marchand · 31 juillet 2026
