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Rente de 1 000 € par mois : combien faut-il placer et sur quels supports ?

Combien investir pour toucher 1 000 € de rente mensuelle nette ? SCPI, assurance vie, PER, ETF : simulations chiffrées, pièges fiscaux et stratégie

Isabelle MarchandIsabelle Marchand 22 min à parcourir
comment avoir 1000 euros de dividende par mois

Pour dégager 1 000 € nets de rente mensuelle, il faut constituer un capital de 200 000 € à 400 000 € selon le rendement net après impôts et prélèvements sociaux. Un support rapportant 5 % net par an nécessite environ 240 000 € placés ; à 3 % net, il faut 400 000 €. La fiscalité : PFU à 30 % ou barème progressif de l'IR, prélèvements sociaux à 17,2 % : ampute de 25 à 40 % le revenu brut.

Comment avoir une rente de 1 000 euros par mois sans prendre de risques inconsidérés ? La réponse tient en trois variables : le capital constitué, le rendement net après impôts et la stratégie d'allocation entre les supports. Selon que vous visiez une rente viagère garantie à vie ou des revenus réguliers tout en conservant votre capital, le montant à investir peut varier du simple au triple. Ce guide pose les bases d'une approche réaliste, intégrant la couche fiscale que la plupart des simulations omettent.

Pourquoi 1 000 € de rente mensuelle n'est pas le même objectif pour tout le monde

Avant de calculer un capital, il faut définir ce que recouvre exactement l'expression « 1 000 € de rente par mois ». Derrière ce même montant nominal se cachent des réalités patrimoniales radicalement différentes.

Un retraité qui cherche à compléter sa pension de 1 200 € avec 1 000 € supplémentaires ne poursuit pas le même but qu'un quadragénaire qui souhaite générer 1 000 € de revenus passifs mensuels tout en continuant à travailler. Le premier privilégiera la sécurité et la régularité ; le second pourra accepter davantage de volatilité pour préserver la croissance de son capital.

Le support choisi conditionne aussi la nature de la « rente ». Un contrat d'assurance vie transformé en rente viagère verse une somme garantie jusqu'au décès, mais le capital est définitivement cédé à l'assureur. Des retraits programmatiques sur un PEA laissent le capital disponible, au prix d'une incertitude sur sa durée de vie. Entre les deux, l'immobilier locatif et les SCPI produisent des loyers récurrents tout en conservant la valeur du bien.

La fiscalité, enfin, constitue le facteur le plus sous-estimé. Les 1 000 € « visés » deviennent rapidement 700 € nets une fois l'impôt sur le revenu (IR), les prélèvements sociaux à 17,2 % et les éventuelles cotisations sociales déduits. Partir du montant net souhaité, et reconstituer le brut nécessaire, est la seule méthode fiable.

Rente viagère vs revenus réguliers : deux logiques patrimoniales opposées

La rente viagère répond à une logique assurantielle. Vous confiez un capital à un assureur qui s'engage à vous verser une somme périodique jusqu'à votre décès. Le montant dépend de votre espérance de vie statistique : plus vous convertissez tard, plus la rente est élevée, car l'assureur anticipe une durée de versement plus courte. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur les 4 paramètres qui déterminent le montant d'une rente viagère.

L'inconvénient majeur : le capital est aliéné. Si vous décédez deux ans après la conversion, vos héritiers ne récupèrent rien, sauf clause de réversion ou annuités garanties. C'est un choix irréversible qui engage un capital souvent constitué sur 20 ou 30 ans d'épargne.

Les revenus réguliers (loyers, dividendes, intérêts, retraits programmatiques) obéissent à une logique patrimoniale différente. Le capital reste disponible et transmissible. Mais le revenu n'est jamais garanti : un locataire peut partir, un dividende peut être réduit, un marché peut chuter. Cette absence de garantie est le prix de la liberté. Pour un même objectif de 1 000 € mensuels, un patrimoine productif de revenus demande souvent un capital supérieur à celui d'une rente viagère, car aucun assureur ne mutualise le risque de longévité.

L'impact fiscal souvent oublié : ce que vous touchez vraiment net

Le rendement brut affiché par un placement ne dit rien du revenu net disponible. Prenons une SCPI distribuant 5 % de rendement : sur 1 000 € de loyers bruts mensuels (12 000 € annuels), un investisseur imposé à la tranche marginale de 30 % perdra 3 600 € d'IR et 2 064 € de prélèvements sociaux (17,2 %), soit 5 664 € de prélèvements annuels. Il ne lui reste que 6 336 € nets, ou 528 € par mois. Pour atteindre 1 000 € nets, le capital à mobiliser double presque.

Les prélèvements sociaux à 17,2 % constituent une constante quasi universelle : ils s'appliquent aux revenus fonciers, aux produits de placements financiers, aux plus-values et aux rentes viagères à titre onéreux (pour la fraction imposable). S'y ajoutent, selon le support, l'impôt sur le revenu (barème progressif ou PFU à 12,8 %) et, pour les rentes PER, une cotisation d'assurance maladie de 6,3 % (source : URSSAF, dispositif en vigueur).

Ce constat a une conséquence pratique immédiate : raisonnez toujours en net, jamais en brut. Avant toute décision d'investissement, appliquez votre propre taux marginal d'imposition et les prélèvements sociaux au rendement brut espéré pour obtenir une projection réaliste du revenu disponible.

Combien investir pour gagner 1 000 euros par mois : la simulation selon le taux de rendement

La question « combien investir pour gagner 1 000 euros par mois » appelle une réponse chiffrée, mais non uniforme. Le capital nécessaire dépend du rendement net effectif : plus le support est performant après fiscalité, moins le capital à mobiliser est élevé. À l'inverse, les placements réputés sûrs exigent souvent des montants nettement plus importants pour un même revenu cible.

Un calcul simple illustre le principe : pour générer 12 000 € nets par an (soit 1 000 € par mois), divisez 12 000 par le taux de rendement net. À 3 % net, il faut 400 000 €. À 4 % net, 300 000 €. À 5 % net, 240 000 €. À 6 % net, 200 000 €. Ce mécanisme de base est la boussole de toute stratégie de revenus.

Deux précautions s'imposent. D'abord, ces capitaux sont des ordres de grandeur, non des cibles garanties : les rendements passés ne préjugent pas des performances futures, comme le rappelle systématiquement l'AMF dans ses communications aux épargnants. Ensuite, le taux net intègre déjà la fiscalité : si un support affiche 5 % brut mais ne délivre que 3 % net après impôts, c'est bien le taux net qui détermine le capital requis. Intégrer cette distinction est précisément l'objet de notre section sur l'erreur courante du rendement brut.

Tableau : capital nécessaire selon le rendement net cible

Voici les capitaux indicatifs requis pour générer 12 000 € nets annuels, déclinés par taux de rendement net après fiscalité et prélèvements sociaux :

  • 3 % net : 400 000 € de capital. Correspond à un fonds euros en assurance vie (autour de 2,5 % brut en 2025, selon les données de France Assureurs), après PFU à 30 % ou IR.
  • 4 % net : 300 000 €. Atteignable avec des SCPI en assurance vie (rendement brut moyen 4,5-5,5 % selon l'ASPIM, partiellement protégé par l'enveloppe), ou un portefeuille obligataire diversifié.
  • 5 % net : 240 000 €. Correspond à une poche actions en PEA (ETF monde, historique long terme de 7-8 % brut selon les données MSCI World), après prélèvements sociaux à 17,2 % uniquement au-delà de 5 ans de détention.
  • 6 % net : 200 000 €. Niveau atteignable en combinant immobilier locatif avec effet de levier du crédit et une allocation dynamique en actions, mais suppose une prise de risque supérieure.

Ces projections sont des estimations indicatives. Elles reposent sur des hypothèses de rendement qui peuvent s'écarter significativement des résultats réels.

Fonds euros assurance vie : la sécurité, mais quel capital ?

Le fonds euros en assurance vie est le placement refuge du patrimoine français. Garanti en capital, il offre une sécurité totale, au prix d'un rendement modeste. En 2025, le rendement moyen des fonds euros se situait autour de 2,5 % bruts (France Assureurs, données 2025), avec des disparités selon les contrats.

Après prélèvements sociaux de 17,2 %, le rendement net tombe à environ 2,1 %. Pour générer 1 000 € nets par mois, le capital nécessaire atteindrait donc près de 570 000 €, un montant inaccessible pour la plupart des épargnants. L'option du PFU à 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de PS) ramène le net à 1,75 %, poussant le capital requis au-delà de 680 000 €.

Cette réalité explique pourquoi un fonds euros seul ne peut constituer l'unique pilier d'une stratégie de revenus. Il sert de poche de sécurité : celle qu'on ne touche pas en cas de crise : mais ne peut porter à lui seul l'objectif de rente. Une allocation diversifiée, intégrant des supports plus rémunérateurs, est indispensable pour abaisser le capital total à mobiliser.

SCPI : rendement cible et fiscalité des loyers

Les SCPI affichent historiquement des taux de distribution moyens de 4,5 % à 5,5 % bruts (ASPIM, données 2024). Sur le papier, un capital de 240 000 € à 5 % brut génère 12 000 € de loyers annuels. Mais la réalité fiscale est nettement moins favorable.

En détention directe, les loyers de SCPI sont imposés comme des revenus fonciers : barème progressif de l'IR + prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un contribuable en tranche marginale à 30 %, le taux de prélèvement total atteint 47,2 %, ramenant un rendement brut de 5 % à environ 2,6 % net. Le capital requis bondit alors à 460 000 €.

En assurance vie, la donne change. Les loyers ne sont pas imposés au fil de l'eau : ils viennent gonfler la valeur de rachat et ne subissent la fiscalité qu'au moment des rachats. Après 8 ans de contrat, l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et l'option pour le PFU à 30 % (ou le barème IR) améliorent sensiblement le rendement net. Un capital de 300 000 € à 350 000 € en SCPI via l'assurance vie peut approcher l'objectif de 1 000 € nets mensuels, sous réserve d'une gestion prudente des rachats programmés.

PEA / ETF monde : la croissance sur le long terme

Le PEA, avec son cadre fiscal avantageux après 5 ans de détention (exonération d'IR, seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % restent dus), est l'enveloppe la plus efficace pour un portefeuille actions tourné vers les revenus. Un ETF répliquant l'indice MSCI World a délivré un rendement annualisé de l'ordre de 7 à 8 % bruts sur les 20 dernières années (données MSCI, 2005-2025).

Après prélèvements sociaux de 17,2 %, le rendement net s'établit autour de 5,8 % à 6,6 %. Pour 1 000 € nets par mois, le capital requis oscille entre 180 000 € et 210 000 €, soit le seuil le plus bas parmi tous les supports analysés. Cette efficacité fiscale fait du PEA l'outil central d'une stratégie de revenus pour un investisseur à horizon long.

Deux limites doivent être intégrées. La volatilité des marchés actions rend les retraits programmatiques irréguliers : une année de baisse de 20 % peut compromettre le plan de revenus si le capital est insuffisant. Par ailleurs, le plafond de versement du PEA (150 000 €) contraint la capacité d'accumulation. Au-delà, il faut recourir à un compte-titres ordinaire, dont la fiscalité est moins favorable (PFU à 30 %).

Immobilier locatif direct : loyers nets après charges et impôts

L'immobilier locatif direct séduit par sa tangibilité, mais son rendement net-net est souvent inférieur aux attentes. Un bien acheté 250 000 € et loué 1 000 € par mois délivre un rendement brut de 4,8 %. Après déduction de la taxe foncière (environ un mois de loyer), des charges de copropriété non récupérables (un demi-mois), de l'assurance PNO et de la provision pour vacance locative et travaux (un mois), le rendement net avant impôt tombe à environ 3,5 %.

La fiscalité achève de réduire le disponible. En tranche marginale à 30 %, avec prélèvements sociaux à 17,2 %, il ne reste qu'environ 1,8 % net. Pour générer 1 000 € nets par mois, un capital proche de 650 000 € serait nécessaire, hors recours au crédit.

L'effet de levier bancaire change radicalement l'équation. En finançant 70 % du bien par emprunt, un apport de 75 000 € sur un bien de 250 000 € peut générer un cash-flow positif si le loyer couvre la mensualité. Mais ce levier amplifie aussi les risques : taux d'intérêt variable, vacance locative prolongée, charges exceptionnelles. L'immobilier direct reste un pilier de diversification, rarement le support unique d'une stratégie de rente.

Les placements sûrs et les placements dynamiques : construire une allocation équilibrée

Aucun support ne peut à lui seul concilier sécurité, rendement et liquidité. Une allocation diversifiée, calibrée selon l'horizon et le profil de risque, constitue la réponse la plus robuste pour générer 1 000 € de rente mensuelle durable. Une répartition indicative pour un profil modéré, souvent retenue par les conseillers en gestion de patrimoine, pourrait être : 30 % en ETF monde via PEA (croissance), 30 % en fonds euros et livrets (sécurité), 40 % en immobilier (SCPI et si possible locatif direct).

Cette tripartition n'a rien d'un dogme. Un épargnant à 15 ans de la retraite pourra renforcer la poche actions (40-50 %) pour maximiser la croissance du capital. Un retraité déjà constitué pourra au contraire réduire la part actions à 20 % et renforcer l'immobilier et les fonds euros pour sécuriser les revenus. L'essentiel est d'éviter la concentration sur un unique support, source de risque majeur en cas de crise sectorielle.

La poche sécurisée absorbe les chocs. La poche dynamique génère la croissance et les revenus. L'immobilier apporte une décorrélation partielle avec les marchés financiers et des loyers indexés. Cet équilibre est le fondement d'une stratégie de revenus résiliente, capable de traverser les cycles économiques sans compromettre le versement mensuel visé.

La poche sécurisée : fonds euros, LEP et livrets réglementés

Le fonds euros d'assurance vie, le LEP (Livret d'Épargne Populaire) et le Livret A forment le socle de la poche sécurisée. Le LEP, réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 23 028 € pour une part (plafond 2026), offre un taux de 2,50 % net d'impôt et de prélèvements sociaux depuis le 1er février 2026, pour un dépôt maximal de 10 000 €. Le Livret A plafonne à 22 950 € avec un taux de 1,50 % (Banque de France, taux en vigueur au 1er février 2026).

Ces livrets réglementés constituent l'épargne de précaution idéale : liquidité immédiate, capital garanti, exonération fiscale totale. Pour un objectif de rente, ils ne génèrent pas directement les 1 000 € mensuels visés : 10 000 € sur un LEP à 2,50 % produisent 250 € par an : mais ils permettent d'amortir les aléas sans devoir liquider des actifs longs dans l'urgence.

Le fonds euros d'assurance vie, avec son rendement sécurisé, complète cette poche. Il sert de réservoir pour les arbitrages et offre une garantie en capital que les supports actions ou SCPI ne procurent pas. Une allocation d'environ 20 à 30 % du patrimoine total sur cette poche sécurisée est couramment observée dans les stratégies de revenus.

La poche dynamique : actions, ETF et dividendes

Les actions, via des ETF capitalisants ou distribuants logés dans un PEA, représentent le moteur de croissance du capital. Sur longue période, le marché actions mondial a délivré un rendement annualisé supérieur à l'inflation, de l'ordre de 5 à 7 % nets par an en moyenne (données historiques MSCI World sur 20 ans glissants).

Pour un objectif de revenus réguliers, deux stratégies coexistent. La première consiste à investir dans des ETF ou actions à dividendes et à percevoir ces dividendes en complément de revenus. La seconde, qui convient mieux au PEA, repose sur des retraits programmatiques périodiques : vous vendez une fraction des parts chaque mois ou chaque trimestre pour générer le revenu souhaité. Cette approche offre une flexibilité totale sur le montant prélevé.

Un avertissement s'impose concernant la séquence des rendements. Si une chute de marché survient au début de la phase de retraits, le capital s'érode beaucoup plus vite que prévu. C'est pourquoi un matelas de sécurité (poche sécurisée) couvrant 12 à 18 mois de revenus est indispensable : il évite de vendre des actions au plus bas. Ce risque de séquence, bien documenté dans la littérature financière, est la principale menace qui pèse sur une stratégie de retraits programmatiques.

L'immobilier de rendement : SCPI et immobilier fractionné

L'immobilier de rendement complète l'allocation en apportant des loyers réguliers, partiellement indexés sur l'inflation, et une décorrélation avec les marchés actions. Les SCPI en constituent la voie d'accès la plus simple : un ticket d'entrée de quelques milliers d'euros suffit pour accéder à un portefeuille diversifié de bureaux, commerces, santé ou logistique géré par une société de gestion agréée par l'AMF.

L'immobilier fractionné, forme plus récente, permet d'investir dans des biens physiques découpés en parts digitales, avec des rendements cibles souvent supérieurs aux SCPI classiques, mais une liquidité moindre et un cadre réglementaire moins mature. Ces placements, non cotés, doivent être abordés avec prudence et ne représenter qu'une fraction limitée du patrimoine immobilier.

L'avantage principal de la poche immobilière réside dans sa contribution à la stabilité des revenus. Contrairement aux dividendes actions, les loyers ne s'effondrent pas de 30 % en une année. Mais l'immobilier n'est pas sans risque : une SCPI peut réduire son taux de distribution, suspendre ses rachats de parts, ou subir une décote de valeur de reconstitution. La diversification entre plusieurs SCPI de thématiques différentes (bureaux, santé, logistique européenne) atténue ces risques, sans les annuler. Pour approfondir le fonctionnement de cette classe d'actifs, notre guide complet de l'assurance vie en 2026 détaille l'articulation entre SCPI et contrat multisupport.

PER : combien placer pour générer 1 000 euros de rente mensuelle à la retraite ?

Le Plan d'Épargne Retraite, créé par la loi PACTE de 2019, permet de se constituer une épargne longue avec un avantage fiscal immédiat : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond PER. Pour 2026, ce plafond est de 10 % du revenu d'activité professionnelle de l'année précédente, retenu dans la limite de 8 PASS, soit un maximum de 38 448 € (10 % × 384 480 €), avec un plancher de 4 406 € (10 % du PASS 2026 fixé à 48 060 €).

Convertir son PER en rente viagère à la retraite pour viser 1 000 € mensuels semble attrayant, mais la fiscalité de sortie est lourde. La rente PER est soumise à l'impôt sur le revenu (barème progressif, après un abattement de 10 % plafonné), aux prélèvements sociaux de 17,2 % (CSG à 8,3 %, CRDS à 0,5 %, prélèvement de solidarité à 7,5 % et contribution additionnelle à 0,3 %) et à une cotisation d'assurance maladie de 6,3 % (URSSAF). La note est salée : un rentier à la tranche marginale de 30 % peut perdre 40 % à 45 % de sa rente brute en cumulant ces prélèvements.

Un capital de 300 000 € sur un PER, converti à 65 ans, pourrait générer une rente brute mensuelle de l'ordre de 1 000 € à 1 200 € selon les tables de mortalité et les taux techniques en vigueur. Mais après fiscalité, le net perçu ne dépassera pas 600 € à 700 € par mois. Pour obtenir 1 000 € nets, c'est plutôt 450 000 € à 500 000 € qu'il faudrait accumuler. Notre article sur la rente que l'on peut espérer avec 100 000 € sur un PER détaille ces projections.

Fiscalité de la rente PER : ce que l'État prélève réellement

La rente viagère issue d'un PER est fiscalisée comme une pension de retraite : elle entre dans la catégorie des pensions et retraites au barème progressif de l'IR, après un abattement de 10 % (plafonné à 4 321 € par foyer en 2025). Les prélèvements sociaux s'élèvent à 17,2 %, répartis entre CSG (8,3 %), CRDS (0,5 %) et prélèvement de solidarité (7,5 % + 0,3 % de contribution additionnelle).

Une cotisation d'assurance maladie de 6,3 % s'y ajoute, appliquée sur la totalité de la rente brute. Cette spécificité du PER, peu mise en avant dans les communications commerciales, alourdit significativement la pression fiscale totale. Pour un contribuable en tranche marginale à 30 %, le taux de prélèvement global atteint 44 % à 48 % selon le niveau de CSG applicable (taux réduit à 6,6 % sous condition de revenus, sinon taux plein).

En pratique, 1 000 € de rente PER brute se transforment en 500 € à 560 € nets selon la situation fiscale du rentier. C'est un paramètre central à intégrer avant de surpondérer le PER dans une stratégie de revenus. La déduction fiscale à l'entrée est un avantage immédiat, mais la fiscalité de sortie peut l'annuler partiellement ou totalement pour les contribuables qui restent lourdement imposés à la retraite. Une simulation pour un capital de 30 000 € illustre ces mécanismes sur un petit capital.

Sortie en capital vs sortie en rente : quelle option est plus avantageuse ?

Le PER offre trois options de sortie : en capital (total ou fractionné), en rente viagère, ou un mix des deux. La sortie en capital fractionné permet de maîtriser sa fiscalité : chaque rachat est soumis à l'IR sur la part correspondant aux versements déduits, et aux prélèvements sociaux sur les plus-values. En étalant les rachats sur plusieurs années, un contribuable peut lisser son revenu imposable et rester dans des tranches marginales modérées.

La sortie en rente, elle, est irréversible et fiscalement lourde. Elle se justifie pour les épargnants qui privilégient la sécurité d'un revenu viager garanti et qui anticipent une baisse significative de leur taux marginal d'imposition à la retraite. Dans le cas contraire, la sortie en capital fractionné, combinée à une allocation diversifiée hors PER (PEA, assurance vie), offre généralement un meilleur couple rendement/fiscalité.

L'arbitrage dépend aussi de l'âge de conversion et des tables de mortalité utilisées par l'assureur. Plus la conversion est tardive, plus la rente est élevée, mais plus la période de perception est courte. Nos analyses des avantages et inconvénients de la rente viagère approfondissent cet arbitrage fondamental.

Assurance vie : transformer son capital en rente mensuelle de 1 000 €

L'assurance vie est le couteau suisse patrimonial pour générer des revenus. Deux voies distinctes permettent d'atteindre l'objectif de 1 000 € mensuels : la conversion en rente viagère (option irréversible) ou les retraits programmatiques (option flexible). Le choix entre ces deux mécanismes engage des conséquences très différentes sur la transmission du capital et la sécurité des revenus.

Un contrat multisupport permet de loger simultanément des fonds euros (sécurité), des unités de compte actions (croissance) et des SCPI ou SCI (immobilier). Cette polyvalence facilite la construction d'un portefeuille diversifié au sein d'une enveloppe fiscale unique, avec une fiscalité allégée après 8 ans de détention : abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple) sur les plus-values, et choix entre PFU à 30 % ou intégration au barème de l'IR.

L'antériorité fiscale du contrat est un atout majeur. Un contrat ouvert depuis 15 ou 20 ans bénéficie déjà du régime des 8 ans ; les rachats y sont nettement moins imposés que sur un PER ou un compte-titres. Pour un épargnant qui anticipe son départ en retraite à 5 ou 10 ans, ouvrir un contrat d'assurance vie rapidement enclenche le compteur fiscal.

La rente viagère en assurance vie : avantages et pièges

La conversion d'un capital d'assurance vie en rente viagère est techniquement simple : vous basculez tout ou partie de votre épargne vers l'assureur qui s'engage à vous verser une somme mensuelle jusqu'à votre décès. Le montant est calculé selon 4 paramètres : le capital converti, votre âge (et votre sexe pour les contrats anciens), la table de mortalité retenue et le taux technique. Notre simulateur de calcul de rente en assurance vie détaille ces mécanismes.

La fiscalité des rentes viagères à titre onéreux (RVTO), catégorie qui inclut les rentes d'assurance vie, est régie par l'article 158 du Code général des impôts. La fraction imposable dépend de l'âge du rentier au moment de l'entrée en jouissance de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, et 30 % à partir de 70 ans. Cette fraction est soumise au barème progressif de l'IR et aux prélèvements sociaux à 17,2 % sur la totalité de la rente.

Pour un rentier de 65 ans, seuls 40 % de la rente brute sont imposables à l'IR. Si la rente brute mensuelle est de 1 000 €, la base IR est de 400 €, soit 4 800 € annuels. Pour un contribuable en tranche à 11 %, l'impôt s'élève à 528 €, auquel s'ajoutent 2 064 € de prélèvements sociaux (17,2 % × 12 000 € annuels). Total : 2 592 € de prélèvements, soit un net de 784 € par mois. Pour obtenir 1 000 € nets, la rente brute doit atteindre environ 1 300 € par mois, ce qui suppose un capital converti plus conséquent.

L'irréversibilité de la rente viagère est le piège principal. Une fois la conversion effectuée, le capital n'est plus disponible et sa transmission aux héritiers est limitée aux éventuelles garanties de réversion ou d'annuités garanties. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur les différents types de rente viagère et comment choisir.

Les retraits programmatiques : garder la main sur son capital

Alternative à la rente viagère, les retraits programmatiques consistent à racheter périodiquement une fraction de son contrat d'assurance vie pour générer le revenu souhaité. Le capital reste intégralement disponible et transmissible aux bénéficiaires désignés, dans les conditions fiscales avantageuses de l'assurance vie en matière de succession (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans, article 990 I du CGI).

La contrepartie de cette liberté est l'absence de garantie de durée. Contrairement à la rente viagère, qui protège contre le risque de longévité (vivre plus longtemps que prévu et épuiser son capital), les retraits programmatiques exposent à ce risque. Si le capital est sous-dimensionné ou si les performances

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.